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Erika, chantiers de l’Atlantique, l’Etat français n’assume aucune politique maritime en Bretagne

Jeudi on apprenait que faute de financement, Viking Cruise Line rompait les négociations avec les chantiers de l’Atlantique-STX et vendredi l’avocat général dans le dossier de l’Erika préconisait la cassation totale du jugement pourtant confirmé en première instance puis en appel.

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STX ou l’incroyable immobilisme de d’Etat. Nous avions déjà exprimé nos inquiétudes dans un précédent communiqué, inquiétudes malheureusement confirmées. Dans ce dossier, tout le monde maritime est d’accord sur un point. Si aujourd’hui Viking Cruise Line se désengage ce n’est aucunement à cause d’un manque de compétitivité du chantier. Bien au contraire ! Il est l’un des fleurons mondial de la construction navale et son talent n’est plus à démontrer. De plus, des ingénieurs des bureaux d’études aux soudeurs, en passant par les sous-traitants, tout le monde avait consenti à d’incroyables sacrifices afin de rester concurrentiel dans un secteur difficile et mondialisé par nature. Mais voilà que l’accord avec VCL était soumis à une garanti de financement et les banques françaises n’ont jamais réussi à se mettre d’accord. L’Etat quand à lui soit disant si soucieux de l’emploi est resté muet et n’a jamais levé le petit doigt pour débloquer la situation.

Aujourd’hui les candidats à la présidentielle ont beau jeux de faire de la gesticulation pour dénoncer cette situation absurde et promettre des solutions s’ils sont élus mais c’était hier qu’il fallait prendre des décisions ! Les contrats portant sur les paquebots ne se présentent pas tous les matins ! Et au fait, la fameuse région PdL si soucieuse de son image est restée elle aussi bien muette. Dès qu’il s’agit de faire plaisir à ses amis de Vinci avec son projet d’aéroport attrape-touriste qui ne sert à rien, là il y a du monde mais quand il faut se bouger pour sauver l’industrie maritime, il n’y a plus personne.

Nous ne pouvons qu’être amers et révoltés face à une telle situation. Les 2100 emplois des chantiers ainsi que les 1000 à 2000 emplois des sous traitants sont belle et bien menacés, situation catastrophique pour le bassin d’emploi nazairien. On essaye de nous rassurer en nous parlant de l’eldorado que constituerait la filière éolienne off-shore, mais sans politique réelle de transition énergétique cela ne remplacera jamais les emplois de la construction navale.

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Erika, décision pour faire plaisir aux amis ? A peine avait-on le temps de digérer la première information que nous apprenions que le jugement condamnant Total dans l’affaire de l’Erika avait des chances d’être cassé. Nous ne pouvons y voir ici que l’intervention directe de l’Etat. En effet, l’avocat général dépend directement du procureur général Jean-Claude Marin, très marqué à droite et en ligne direct avec l’Elysée. Sachant que le petit chef est ami avec tous les grands patrons du CAC 40, on peut au minimum se poser la question d’une telle décision. Soit disant que l’Erika aurait sombré dans les eaux internationales et le droit français ne pourrait donc pas s’appliquer. Le navire en 12 ans aurait-il dérivé dans les eaux internationales ? Plus sérieusement les juges indépendants en charge du dossier ont simplement fait ce qu’il fallait, l’Erika a pollué nos côtes, il y a des responsables et ils doivent payer.

Si la cour de cassation suivait l’avis de l’avocat général, ça voudrait dire qu’à l’avenir des navires poubelles pourraient croiser aux larges de nos côtes et en cas d’avarie partir vers dans les eaux internationales sur l’ordre d’armateur peu scrupuleux afin d’éviter toute poursuite ! La mer est un espace de liberté, pas de non droit.

Finalement seul bonne nouvelle, la Sobrena, chantier de réparation navale de Brest après des mois d’incertitude quand à son avenir voit le ciel se dégageait grâce… aux hollandais ! En effet Damen, leader mondial de la réparation navale a décidé d’investir dans l’outil brestois en conservant les 210 emplois. L’administration française avait préféré une solution « franco-française » mais le seul repreneur, Eiffage avait soumis son offre d’une part au licenciement des 2/3 du personnel et d’autre part à l’acquisition d’un appel d’offre sur l’éolien off-shore (encore lui !).

Pour Breizhistance-IS, V. Jacob

Nouvelle incertitude sur les chantiers de Saint-Nazaire

Les pêcheurs sont toujours dans l’incertitude quand à la pérennité de leur activité à cause d’une législation française qui conduit à construire des navires énergivores, mais c’est aussi le cas des ouvriers des chantiers navales. Après la Sobrena, plus grand chantier de réparation navale de l’hexagone toujours en difficulté, c’est au tour des Chantiers de l’Atlantique-STX Saint Nazaire de faire les frais du mépris de la classe dirigeante parisienne pour l’industrie navale, malgré les emplois en jeu.

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En effet, dans le domaine ultra concurrentiel de la construction de paquebots, qui connaît une grave crise, STX Saint Nazaire, dans une situation difficile avait annoncé une bouffée d’oxygène en décembre avec la commande par la compagnie Viking Cruise River de deux « petits » paquebots de luxe (230 mètres de long pour 26.5 mètres de larges tout de même !). Mais depuis… Rien ! Car il y a un problème, c’est la garantie de financement. Et l’état français qui détient un tiers du capital du chantier nazairien n’a toujours rien fait ! Il existe pourtant un organisme, la Coface, qui gère pour le compte de l’état ces questions de garanti mais ce dernier n’a toujours pas donné son feu vert. Et le temps presse ! Car les deux principaux concurrents de STX que sont l’allemand Meyer Werft et l’italien Fincantieri (qui a construit notamment le Costa Concordia) font tout pour récupérer ce contrat. Sans cette commande, ce serait une situation dramatique pour l’emploi dans les chantiers nazairiens chez STX comme pour ses sous traitants.

L’état français, qui se vante d’avoir le plus grand nombre de kilomètres de côtes juste derrière les Etats-Unis, grâce à ses colonies, montre encore une fois qu’il méprise le secteur maritime, au détriment notamment de la Bretagne. La politique est faite par Paris pour Paris. L’industrie navale bretonne ne pourra préserver ses emplois et être renouvelée dans son mode de production, qu’avec un parlement démocratique breton maîtrisant le secteur économique maritime et ayant une représentation direct au sein des instances européennes.

Pour Breizhistance, pays nantais, V. Jacob