Dielloù evit ar rummad ‘>Er-maez rummad’

Région pays de Loire et région Bretagne ensemble, à Brest, pour une « tv régionale » !

Aujourd’hui, mardi 14 mai, les représentants de la région Bretagne accueillaient les conseillers de la région Pays de la Loire à Océanopolis à Brest.

Nous constatons que les thèmes évoqués lors de cet « échange »(énergies marines, culture, environnement, territoires, tv régionale, langue bretonne, …) ressemblent à ceux qui prévalaient jusqu’alors pour les travaux de la « commission mixte Bretagne-Loire-Atlantique ». Or cela fera bientôt deux ans que cette commission ne se réunit plus. Nous nous étonnons grandement que la région Bretagne choisisse de privilégier la région Pays de la Loire plutôt que le conseil général de Loire-Atlantique pour parler « territoires » et « décentralisation »,  alors que celle-ci votait en mars une contribution au projet de décentralisation en faveur de la réunification de la Bretagne.

Plusieurs salariés de France 3 Bretagne ainsi qu’une dizaine d’organisations, dont la Gauche Indépendantiste, se sont mobilisés ces dernières semaines pour promouvoir une télévision publique en langue bretonne sur l’ensemble de la Bretagne, dont la Loire-Atlantique. C’est l’un des quatre points de la plateforme « Libérons les énergies en Bretagne ». De même la région Bretagne s’engageait dans un vœux du 14 décembre 2012 à promouvoir « un media TV pour toute la Bretagne (…) Loire-Atlantique incluse« .  Nous appelons donc les organisations signataires de la plateforme et membres du Conseil Régional de Bretagne, ainsi que la population, à être vigilant quant à la transformation de cette attente en une télévision du « Grand Ouest « , pilotée par la région Pays de la Loire  (rappelons que le CR PdL votait il y a quelques mois une subvention de 900 000 euros à France 3 régional, afin de promouvoir la région dans ses programmes… et à aucun moment la langue bretonne).

Alors que le CESER de Bretagne reconnaissait lui-même, dans un rapport de 2009, les inconvénients des « coopérations interrégionales », nous appelons la région Bretagne et le Conseil Général de Loire-Atlantique à être cohérent avec les vœux qu’ils ont voté et à engager les coopérations qui permettront de réunifier la Bretagne.

Action d’Ai’ta au Conseil Régional en mars dernier à Rennes, afin de réclamer une télé publique en langue bretonne de Nantes à Brest

ANI : Mobilisons nous pour nos droits et pour pouvoir vivre et travailler en Bretagne

Nous étions près de 20 000 dans les rues de Bretagne ce mardi à protester contre l’ANI, Accord National Interprofessionnel signé le 11 janvier. Cette première mobilisation est loin d’être la dernière avant le passage du texte devant le parlement français. Cet accord dit « de Wagram », a été signé entre le Medef et une minorité de syndicats, il préfigure la loi que proposera le gouvernement. Cet accord casse une nouvelle fois les acquis des salariés, et notamment la possibilité du « droit à vivre et travailler au pays », pourquoi ?

Un accord qui casse nos acquis et profite au patronat 

Contre une promesse d’un peu plus d’emplois, les représentants des centrales syndicales CFDT, CGC, CFTC signent pour :

  • De nouvelles exonérations de charges patronales en échange d’une taxation symbolique des contrats de moins de trois mois. Mathématiquement le patronat est gagnant (45 millions d’euros pour le patronat selon G. Filoche), seulement 30% des CDD seront taxés et la disposition encourage l’intérim qui n’est soumis à cette taxation.
  • Pour favoriser et élargir le recours au chômage et aux temps partiels, au CDI de « projet » ou « intermittents. Les salariés sont ici réduits à une variable d’ajustement et précariser dans leur situation.
  • Pour réduire l’encadrement juridique des plans sociaux, en permettant de signer des accords qui dérogent à la loi. De même, l’accord réduit les délais pendant lesquels on peut recourir aux prud’hommes et plafonne les indemnités compensatrices versées par les patrons. Un salarié disposait de 5 ans pour se porter aux prud’hommes, avec l’ANI le délai est réduit à 24 mois. Selon Laurence Parisot : « Les prud’hommes, ça insécurise les employeurs »
  • En prenant en charge la moitié du financement d’une complémentaire (choisie par l’entreprise), l’accord favorise les banques et les assurances. Une augmentation de salaire équivalente aurait généré de la cotisation sociale, mais il n’est pas étonnant que le patronat veuille participer au démantèlement de la protection sociale au profit des boites privées des copains comme AXA ou Mederick.

Un à un, les acquis des salariés sont démantelés au nom d’une compétitivité censée réduire le chômage, mais qui en réalité nivelle par le bas nos conditions sociales d’existence. Partout où la « flexibilité » a augmenté, le chômage a progressé, y compris dans les pays scandinaves pris à tort comme « modèle ». La « flexisécurité » a fait grimper le taux de chômage de 3 à 7,8 % au Danemark, 7,9 % en Finlande, 8,1 % en Suède, sans oublier le nombre croissant de travailleurs pauvres. Pour finir en beauté, cet accord se termine sur d’autres « chantiers », tout aussi « nécessaires » et « prometteurs » comme un possible allongement de la durée de cotisation, le gel des pensions, ou la baisse progressive de l’indemnisation chômage malgré les droits acquis.

La « mobilité interne » contre le droit de travailler et vivre en Bretagne

Mais nous souhaitons nous attarder ici sur ce qui concerne l’article 15 de l’accord qui évoque la « Mobilité interne ». Il s’agit de « la mise en œuvre de mesures collectives d’organisation … se traduisant par des changements de postes ou de lieux de travail au sein de la même entreprise », « La négociation prévue ci-dessus porte sur les conditions de mobilité professionnelle et géographique interne à l’entreprise ». C’est-à-dire qu’une entreprise qui supprime des postes mais « reclasse » les salariés en signant un « accord majoritaire » sera dispensée de « plan social ». De cette manière, n’importe quelle entreprise importante possédant une unité en Bretagne pourrait imposer une fermeture d’entreprise sans mettre en place les mesures sociales d’accompagnement auxquelles ont le droit les salariés (indemnités, reclassement dans la zone d’emploi, …) ! Et l’article le stipule : « Le refus par un salarié d’une modification de son contrat proposée dans les conditions définies au présent article n’entraîne pas son licenciement pour motif économique. Il s’agit d’un licenciement pour motif personnel ». En somme, les « partenaires sociaux » s’accordent pour dire que les prud’hommes ne sont plus juges du motif du licenciement ! Dans l’absolu, le salarié d’Alcatel, à Lannion ou Orvault, qui refusera l’exil à l’autre bout de l’Hexagone malgré le maintien de son salaire, ou l’ouvrier de PSA Rennes qui ne gouterait pas d’une offre d’expatriation dans les unités de productions brésiliennes de PSA, seraient rendus responsables de leur licenciement ! Comment la CFDT, qui s’est construit et s’est implanté en Bretagne en imposant la revendication du « droit à vivre et travailler au pays » peut signer un tel accord ? Cette désillusion illustre une nouvelle fois le renoncement et la soumission au dogme néo-libéral qui voudrait faire des travailleurs des denrées exportables sur le marché du libre-échange.

Cet accord, en rognant les droits des travailleurs, s’inscrit dans la même logique d’austérité qui plonge aujourd’hui les peuples du sud de l’Europe dans une pauvreté et une exploitation faites pour durer. Alors qu’Hollande avait promis de « restaurer le code de travail », il se range du même côté que tous les chefs d’Etats européens soumis aux directives de la finance et du grand patronat.

Les syndiqués CFDT de Bretagne ne peuvent tolérer la signature de cet accord, ils doivent la dénoncer auprès de leurs représentants. C’est avec l’ensemble des travailleurs de Bretagne que nous devrons nous retrouver dans les rues et dans nos entreprises en grève pour faire échouer la loi qui sera issue de l’ANI et pour renverser la spirale de l’austérité. Nous appelons tous nos militants et sympathisants à se joindre aux initiatives unitaires contre l’ANI.

Jonathan Guillaume, co porte-parole de Breizhistance-IS

Notre-Dame-des-Landes : Ils reculent, accentuons la résistance !

Alors que les combats étaient en cours aujourd’hui à Notre-Dame, que plus de 10 000 manifestants assiégeaient la préfecture à Nantes,  le gouvernement lache du lest devant l’importance prise par la mobilisation en faveur de la lutte contre l’aéroport.

Dans un communiqué commun samedi matin, les ministre de l’Agriculture, de l’Ecologie (Delphine Batho) et des Transports (Frédéric Cuvillier) ont annoncés « le renforcement des procédures en faveur du respect de la biodiversité et de la préservation des terres agricoles« .Ces nouvelles procédures, notamment « l’examen par un comité scientifique« , signifient qu’il n’y aura pas de défrichement à Notre-Dame-Des-Landes avant 6 mois.

La forêt de Rohanne ne sera donc pas détruite cette hiver ! Ces manœuvres du gouvernement ne trompe personne, il ne s’agit évidemment pas de problème de « préservation de la biodiversité des terres agricoles« , mais bien de « gagner du temps ». Nous ne devons pas laisser endormir la lutte, partout en Bretagne et ailleurs allons demander des comptes aux élus du PS qui soutiennent l’occupation et la répression à Notre-Dame et votent les subventions à Vinci.

Solidarité avec les inculpés et les bléssés d’aujourd’hui, comme à Plogoff et au Carnet, nous gagnerons à Notre-Dame !

Nantes, aujourd'hui

Nantes, aujourd’hui

Forêt de Rohanne, Notre-Dame-des-Landes, aujourd’hui

Notre-Dame-des-Landes : pas besoin de médiateur, maintenons la pression sur le PS !

Vendredi 23 novembre, 38e jour depuis le début des grandes opérations d’expulsion, aura été une nouvelle journée de destruction et de violence menée par les forces militaires et policières qui tentent d’occuper une partie des communes de Notre-Dame-des-Landes et Vigneux-de-Bretagne.

6 jours après la manifestation de réoccupation qui aura réunie près de 40 000 personnes, le gouvernement n’a pas hésité à reprendre les opérations. Lui qui a affirmé agir par «force à la loi» dans le dossier de l’aéroport n’a pas hésité à envoyé les gaz lacrymogènes à 6h du matin à l’intérieur des cabanes collectives construites lors de la grande manifestation de samedi dernier. Le matériel, les outils, les groupes électrogènes ont été volés ou saccagés par les forces de l’ordre, les vitres des bâtiments cassées. Pourtant ces maisons étaient construites sur un terrain couvert par l’accord signé avec le PS après les grèves de la faim du printemps dernier. Un arrêté préfectoral a ordonné l’opération sur le terrain privé sans que celui-ci ne soit averti.

Pas de médiateur !

La journée du vendredi 23 novembre nous montre encore une fois l’entêtement aveugle et dangereux du gouvernement. Jean-Marc Ayrault ne peut plus espérer «sortir par le haut» de cette affaire et il ne renoncera pas sans être acculé. Le mal a été fait à Notre-Dame et les «médiateur» et «médiations» réclamés encore aujourd’hui par Europe Ecologie et le Parti Gauche ne les effaceront. De même cette stratégie peut aujourd’hui apparaître comme celle qui pourrait d’une certaine manière endormir la lutte.

La résistance s’amplifie

Malgré la diabolisation et les intimidations, la résistance s’amplifie avec les expulsions sur le terrain. Des centaines de personnes arrivent sur la ZAD ce week end pour reconstruire encore. Aujourd’hui, des centaines de rassemblements ou actions de soutien ont eu lieu dans tout l’Hexagone pour dénoncer les opérations militaires sur la ZAD. Celles-ci ont été particulièrement importantes en Bretagne. Les ponts de Saint-Nazaire et de Cheviré ont été bloqués par des manifestations spontanées dans la journée ainsi que les bacs d’Indre et de Couëron. Dès le matin à Lorient une centaine de personnes ont perturbées la conférence de presse de Manuel Valls et J.-Y. Le Drian (ancien maire de la ville). A Rennes la préfecture a été encerclée par 250 personnes qui ont jetés de la terre sur les gardes mobiles et sur le bâtiment où devait remettre le ministre des armées une médaille à un industriel. Les gardes mobiles ont sortis les lacrymos et le jet d’eau. A Brest, 200 personnes ont occupées la mairie !

François Cuillandre maire PS de Brest entouré de manifestants

Mettre la pression sur le parti socialiste

Les ministres bretons du gouvernement sont contestés dans leur propre ville comme il n’est pas coutume. Des militants de la fédération PS d’Ille et Vilaine demandent l’ouverture d’un débat en interne sur la réalité de ce projet d’aéroport. Le 5 novembre dernier des dizaines d’opposants avaient investis la permanence du député Yves Daniel à Derval pour lui demander des comptes. Les comités de soutien de Bretagne et des départements limitrophes seraient sans doute inspirés d’eux aussi pour aller demander des comptes à ces élus. FAISONS SENTIR DE PRES LA COLÈRE DU PEUPLE !

Abandonner le projet,

Comme lors de la lutte du Carnet, la seule issue possible pour le gouvernement face à cette résistance sans-égal a l’heure actuelle est bien une décision politique d’arrêt du projet. La lutte s’amplifie et ne s’affaiblira pas malgré la répression et les violences, le tout est de savoir à quel moment le gouvernement se rendra compte qu’il organise lui même un «kyste» de révolte social qui ne demande qu’à prendre l’ampleur des révoltes des peuples d’Athènes ou de Barcelone. Nous devons réclamer l’abrogation de la DUP et l’annulation des arrêtés préfectoraux, l’arrêt des poursuites et la restitution des terres !

BREIZHISTANCE-IS

Mobilisation exceptionnelle le 17 novembre face à l’Ayrault-port

La mobilisation pour la réoccupation des terres à Notre-Dame-des-Landes le samedi 17 novembre est annoncée comme cruciale par beaucoup d’observateurs de la lutte contre le projet d’Aéroport du Grand Ouest.

Contre toute attente la rentrée sociale en Bretagne ne se sera pas faite là où on l’attendait. Ce ne sont pas les manifestations de la rentrée sur l’emploi industriel (9 octobre) ou les plans de licenciements estivaux en cascade à Doux ou PSA qui auront permis de faire émerger une contestation sociale du gouvernement PS-EELV, encore mois les rendez-vous centralisés contre le Traité Budgétaire Européen ou la politique d’austérité annoncée par le rapport Gallois. Malgré certains silences médiatiques, c’est une lutte pour la terre et contre la logique mortifère du productivisme, qui aura marqué cette rentrée, la lutte de Notre-Dame-des-Landes contre «l’Ayrault-port».

Le PS, aura mis ces dernières semaines toutes ses forces, d’une part pour légitimer la répression contre ceux et celles qui s’opposaient aux expulsions et d’autre part pour criminaliser un mouvement de résistance qui ne cesse de croitre et de rappeler ceux historiques de Plogoff ou du Larzac. Ce projet est bien celui imaginé par l’actuel premier ministre alors qu’il était maire de Nantes, et ce sont ceux qui lui sont le plus redevables, les élus PS de la métropole, du département et de la région, qui sont aujourd’hui ses plus virulents partisans.

Rappelons le, ce projet d’aéroport est inutile. Contrairement à ce qu’ils tentent d’affirmer l’aéroport de Nantes-Atlantique n’est pas dangereux, c’est l’avis de la DGAC. Il ne pourra pas plus accueillir l’airbus A 380 que l’actuel aéroport. Nantes-Atlantique n’est pas saturé, de l’aveu du président de Vinci Airports «Ce transfert n’est pas une réponse à des problèmes aéronautiques, mais un choix politique». C’est en milliard d’euros d’argent public qu’il faut compter le prix de cet aéroport privé et de ses infrastructures (routes, ponts, …), dont les pertes seront financées par les citoyens et les gains éventuels accaparés par Vinci. Ce projet d’aéroport n’existe aujourd’hui que par la volonté de marquer de manière indélibile notre territoire de l’emprise politique de Jean-Marc Ayrault. Il n’est justifié que par la course en avant du modèle productiviste qui veut que «grands projets infrastructuraux» soient forcément synonyme de croissance et d’emplois. Alors que les mesures d’austérité visant la population s’empilent les unes après les autres, les ressources publiques, notamment sur ce type de projet, doivent être utiles et placées sous un contrôle réellement démocratique. Les collectivités ne peuvent voter de tels financements sans consulter la population.

Retrouvons nous tous dès 10h30 au parking de la salle du chêne, près de la mairie. Ce projet d’aéroport se voulait international, mais c’est la lutte contre la destruction des terres de Notre-Dame qui lui aura donné cette renommée internationale. De partout en Bretagne et d’ailleurs, venons reconstruire les maisons détruite par Vinci et le PS, nous serons des milliers et comme à Plogoff, comme au Carnet, nous gagnerons !

4000 personnes pour l’emploi à Rennes

A l’appel de la CGT environ 4000 personnes ont défilés dans Rennes pour « l’emploi industriel durable ». Les manifestants venaient de toute la Bretagne historique et dans une moindre mesure de l’Anjou.

Pour marquer notre soutien aux travailleurs licenciés de Doux et PSA  et saluer cette initiative syndicale décentralisée Breizhistance-IS avait décidé de se joindre à l’initiative.Peu de syndicats hormis ceux de la CGT et de Solidaires Industries étaient présents.

Nous y avons tenu un piquet d’information diffusant notre point de vue sur la façon de construire localement et à la base les ripostes à la crise du capital.

Un quatre pages a été diffusé à plus de 1000 exemplaires par la Gauche Indépendantiste, ils ont été commentés et appréciés par bon nombre de manifestants.

Nous avons entamés des discussions avec des syndicalistes et des camarades d’autres organisations politiques présageant de possibles convergences.

Notre banderole , assument comme notre texte , un point de vue ouvertement indépendantiste à été largement photographiée. Par ailleurs nous avons répondu aux sollicitations de la presse.

Pour riposter aux politiques de rigueurs nous continuerons à être présents dans les mobilisations à venir, sans rien cacher de notre identité politique en faveur de l’indépendance et du socialisme.

Retour sur le procès de Sylvain Fresneau et Clément

Ce mardi deux opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes passaient devant le tribunal de Saint-Nazaire. Des militants de Breizhistance-IS étaient présents et ont tenu à faire part du témoignage de cette journée et de notre soutien aux deux prévenus.

Plus de 500 personnes devant le tribunal de Saint-Nazaire

Plus de 500 personnes devant le tribunal de Saint-Nazaire

Procès de la mobilisation du 21 juin 2012

Le 21 juin 2012, ils participaient à un rassemblement contre le déroulement des 5 enquêtes publiques préalables à la réalisation du projet d’Aéroport Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes qui se sont déroulées pendant l’été, et qui portaient notamment sur les zones humides. Rassemblement devant la mairie, blocage des entrées par des tracteurs et des serrures collées, occupation du toit, des centaines de personnes marquaient ainsi leur opposition à ce projet contre lequel elles luttent depuis des années, la violence des forces de l’ordre était particulièrement élevée ce jour là face à l’organisation des opposants. Les élus et les associations dénonçaient notamment le processus anti démocratique des enquêtes, multiples, réalisées sur un temps court et en plein été, elles ne répondaient pas non plus à certaines questions fondamentales en terme de compensations environnementales. La mobilisation du 21 juin aura au moins permis l’audition de représentants de la communauté de communes d’Erdre et Gesvres écartés à l’origine. C’est dans ce contexte que Sylvain et Clément étaient arrêtés.

Près de 150 tracteurs avaient fait le déclacement de toute la Haute Bretagne

Près de 150 tracteurs avaient fait le déclacement de toute la Haute Bretagne

Les deux inculpés

C’étaient les 37e et 38e personnes inculpées dans le cadre de la lutte contre l’aéroport qui passaient devant le tribunal de Saint-Nazaire ce 28 août. Ils sont accusés de « violence avec arme (en l’occurrence un tracteur) sur personne dépositaire de l’autorité publique » et « d’attroupement illégal » pour Sylvain Fresneau (porte-parole de l’ADECA), ainsi que « d’attroupement illégal », « violence sur personne dépositaire de l’autorité publique», «refus de fichage ADN» pour l’autre, Clément, arrêté un mois après les faits à son domicile.

Clément, occupant de la ZAD, aurait été reconnu par un garde mobile comme étant celui qui lui aurait arraché son casque au moment du refoulement de la place de la mairie de Notre-Dame le 21 juin (habituel lieu de rassemblement à Notre-Dame contre les enquêtes publiques). Sylvain, agriculteur de Notre-Dame, opposant connu et historique à l’aéroport, est lui accusé d’avoir utilisé son tracteur comme «arme», afin de briser un cordon de garde mobile, voire pour blesser les forces d’occupation.

Maître Erwann Lemoigne et Sylvain Fresneau

Maître Erwann Lemoigne et Sylvain Fresneau

Une audience sous la pression populaire

150 tracteurs et plus de 500 personnes s’étaient réunis pour soutenir les deux prévenus, une mobilisation importante en cette fin d’été qui continue de témoigner de l’opposition populaire et solidaire à ce projet. La venue de quelques personnalités médiatiques comme José Bové aura permis une médiatisation relativement importante de l’événement. D’ailleurs, durant les presque deux de procès, les cris de soutiens aux deux prévenus venant de l’extérieur se seront constamment fait entendre.

Clément, sera relaxé pour le délit d’attroupement, son avocat faisant état de l’absence de PV des forces de l’ordre quant à l’effectivité de sommations… mais 2 mois de prison avec sursis seront requis pour chacun des autres chefs d’inculpation.

C’est ensuite Sylvain qui comparaît. Comme il l’a toujours répété, s’il a manœuvré son tracteur devant les gardes mobiles s’était uniquement pour protéger les manifestants de la violence des premiers. D’ailleurs il roulait à quelques km/h comme les vidéos le prouvent. Le gendarme ayant porté plainte (absent, comme d’habitude) déclarera dans sa déposition avoir eu la «trouille de sa vie» après avoir «manqué s’être fait renversé». Déclarations qui feront bien rire la salle après avoir vu celui-ci sur une vidéo projetée lors de l’audience, monter d’un coup sur le tracteur avec ses collègues, matraques et bombes lacrymo aux poings, pour aller déloger Sylvain dans sa cabine. Après l’audition des témoins, la procureure réclame des peines pour les deux chefs d’accusation ! Pourtant, Clément, passé juste avant s’est fait relaxer pour le chef d’ «attroupement», pourtant, les gardes mobiles dans leurs dépositions témoignent à leur insu que la procédure de sommations n’a pas été respectée ! La procureure s’offusquera aussi qu’on est pu faire «rentrer la politique dans le tribunal», rappelant «l’indépendance de la justice» avant de requérir des peines dont le caractère politique n’échappera à personne : amende de 800 euros, interdiction de manifester pendant un an à Notre Dame des Landes, confiscation et interdiction de porter des armes (le tracteur n’étant cependant ici plus une arme).

Les panneaux annonçant l'enquête publique jetées derrière les grilles du tribunal

Les panneaux annonçant l'enquête publique jetées derrière les grilles du tribunal

Les procès se multiplient mais l’opposition ne faiblit pas !

Restons solidaire, accentuons la mobilisation, le combat contre ce projet inutile et imposé n’est clairement pas fini ! Breizhistance-IS vous donne rendez-vous le 11 septembre à Saint-Nazaire pour les délibérations. Ce même jour, dans le même tribunal, ce sera aussi l’occasion de venir soutenir la famille Herbin, résidente de la commune au lieux-dit le Liminbout depuis les années 90 et qui a été mise en demeure de quitter les lieux par la société Vinci.

[video]Intervention de Julien Durand devant le tribunal

Lettre ouverte à Monsieur Paul Molac, député de la quatrième circonscription du Morbihan.

Rennes, le 13 juillet 2012,

Monsieur Le Député,

Le 21 juillet 2012, le nouveau ministre français de la Défense, Monsieur Jean-Yves Le Drian, viendra assister au baptême de la classe des élèves-officiers, promotion «Edouard De Castelnau père et fils » à l’école militaire de St-Cyr Coëtquidan sur la commune de Guer, dans la circonscription que vous représentez au palais Bourbon à Paris.

Ces sulfureuses références en témoignent, l’armée française ne manifeste visiblement pas la volonté de changement chère à la majorité présidentielle que vous avez soutenue lors de votre campagne législative. Vous ne pouvez ignorer l’idéologie que véhicule le nom proposé par des élèves de l’école des élèves-officiers de St-Cyr Coëtquidan pour baptiser leur promotion. De Castelnau, général français connu dans l’entre-deux-guerres pour avoir été président de la Ligue des Patriotes, ligue xénophobe et antisémite, le vicomte sera un des soutiens du dirigeant fasciste Franco et de son coup d’État militaire en 1936.

Ce choix s’inscrit dans la continuité d’une longue tradition à St-Cyr honorant la mémoire et les noms des généraux français, partisans de l’ « attaque à outrance » qui conduisit tant d’ouvriers et de paysans de Bretagne et de France au carnage de 14-18.

Ce choix de baptiser ainsi la promotion a été avalisée par le prédécesseur de Jean-Yves Le Drian à l’Hôtel de Brienne, Gérard Longuet, ancien militant du groupe d’extrême-droite « occident ». Il laisse ainsi la trace d’une belle dédicace brune à son successeur.

On aurait pu attendre d’un ministre dit socialiste, ancien président de la région Bretagne, qu’il témoigne au moins un peu de sa désapprobation, voire qu’il revienne sur ce choix. Jean-Yves Le Drian est visiblement mal à l’aise sur la question, et la pirouette transformant le nom de la promotion “Edouard de Castelnau”  en “Edouard De Castelnau père et fils” ne trompe personne.

Monsieur Le Député, lors de votre départ de la présidence du Conseil Culturel de Bretagne, vous aviez remercié l’actuel ministre de la Défense et ancien président de la région Bretagne pour sa “vision de la Bretagne”. N’y a t-il pas là une flagrante contradiction avec les idées véhiculées par le nom de De Castelnau ?

Vous lui rendiez hommage à cette même occasion, Monsieur Le Député, en disant qu’il avait « fait sortir la Bretagne de l’ère coloniale où les Régions ne devaient pas exister face à Paris ». Force est de constater que ce baptême de la promotion de St-Cyr, organisé avec la complaisance du pouvoir central, est en contradiction avec l’idée d’une « Bretagne décolonisée ». L’armée française en Bretagne occupe toujours une partie de notre territoire à commencer par la la présence du camp de Coëtquidan sur la circonscription dont vous êtes le député, mais aussi de l’Île Longue à Saint-Aubin du Cormier, en passant par Gâvres et La Montagne.

Ces officiers de la promotion « De Castelnau » seront peut-être de ceux qui prendront les rennes du Centre de commandement de la Force nucléaire à l’ Ile Longue et de son projet de nouveau missile nucléaire M51 qui y est développé en contradiction avec le traité de non-prolifération des armes.

Ce n’est pas l’idée que nous nous faisons d’une Bretagne « sortie de l’ère coloniale », et nous sommes sûr que ce n’est pas la vôtre non plus. D’autant que sont toujours attendues les dispositions qui nous permettront enfin d’accéder à une collectivité bretonne réunifiée dotée de pouvoirs législatifs rapprochant le peuple breton de ses élus.

En ce sens, et en tant que député de la circonscription, défendant les idées d’une Bretagne unie, ouverte et démocratique, nous attendons que vous preniez la parole sur le sujet de cette promotion « De Castelnau » à Saint-Cyr, que vous représentiez celles et ceux en Bretagne qui refusent les idées xénophobes et rétrogrades du passé.

Veuillez agréer, Monsieur Le Député, l’expression de nos sincères salutations et de nos sentiments respectueux.

Pour Breizhistance -IS, J.Guillaume.

Lizher foran d’an Aotroù Paol Molac, kannad ar 4re pastell-vro e departamant ar Morbihan.

Roazhon d’ar 17 a viz Gouere 2012

Aotroù Kannad,

D’an 21 a viz Gouere e rank Maodiern gall an Difenn, An Aotroù Le Drian, dont da gemer perzh e badeziant ar rummad dañvez-ofisourien, anvet « Edouard De Castelnau tad ha mab » e skol vrezel St Cyr Coetquidan e kumun Gwern Porc’hoed er pastell-vro m’oc’h bet dilennet ennañ evit parlamant Pariz.

Kement-mañ a ziskouez mat ne fell ket d’an arme gall kemer perzh er cheñchamant bras embannet gant tu ar muiañ niver ho peus skoazellet da vare ho koulzad kaballiñ.

N’hoc’h ket evit chom hep anavezout an ideologiezh a vez treuzkaset gant an anv bet dibabet evit badeziant ar rummad ofisourien. De Castelnau , ur jeneral gall brudet etre an daou vrezel brudet evit evit bezañ bet prezidant kevre ar vrogagourien, ur c’hevre estrengasour hag a-enep yuzev, ar bezkont De Castelnau a voe ivez unan eus harperien ar faskour Franco hag e daol-stad milourel e 1936 er stad Spagn.

An dibab-mañ az a da heul ul lignez a hengoun e St Cyr graet evit enoriñ anvioù ar jeneraled gall a save a-du gant mennozh « an argad betek-re » a gasas kement a beizanted hag a vicherourien eus Breizh ha deus ar Frañs d’al lazhadeg meur etre 1914 ha 1918, a oa bet kadarnaet gant an hini a oa a-raok Jean-Yves Le Drian e leti Brienne , Gerad Longuet e anv, bet ezel eus ar strollad eus an tu-dehoù pellañ anvet « Kornog ». Laoskel a ra evel-se ur sinadur gwall deñval d’an hini en deus kemeret e blas.

Gellet hon dije gortoz a-berzh ur maodiern a embann bezan sokialour, bet e penn rannvro Breizh , e embannje splannoc’h bezan chalet bras, pe e raje un dibab all. Jean Yves le Drian na seblant ket bezañ en e vleud da geñver ar gudenn-mañ, ha ne vo touellet den ebet gant an dibab en deus graet evit adavadezin ar rummad ofisourien diwar anv « Edouard de Castelnau tad ha mab ».

Aotrou kannad , pa oa bet dleet deoc’h kuitaat prezidantelezh kuzul Sevenadurel Breizh ho poa kavet reizh trugarekaat an hini zo hiziv an deiz maodiern an difenn ha bet prezidant rannvro Breizh evit « e sell diwar-benn Breizh. » Ne gav ket deoc’h ez eo kement-mañ kontrol penn da benn da vennozhioù De Castelnau ?

Aotroù Kannad , rentet ho poa enor d’e anv er memes koulz, en ur lâret en doa Jean Yves LeDian « sachet Breizh e maez ar c’houlzad trevadennin na roe ket an tu d’ar rannvroioù da vevan e-tal da bPariz ».

Ret mat eo embann ne glot ket ar badeziant-mañ evit rummad saint Cyr gant mennozh Bro Vreizh didrevadennet . An Arme gall a vez c’hoazh oc’h ac’hubiñ un tamm mat deus hor bro da gentan penn e Koedkidan e lec’h m’hoc’h bet dilennet, met ivez e Enez Hir , e Sant Albin an Hiliber, hep ankouaat ar C’havr hag ar Menez. Ofisourien ar rummad anvet « « De Castelnau » a vo marteze e penn ar greizenn renerezh evit an nerzh nukleel en Enez Hir gant he raktres fuzeenn nukleel M51 a zo bet kaset a-benn en desped d’an emglev evit chom hep skignañ armoù.

Ne zere ket e mod ebet gant ar mennozh hon eus ni eus ur vro en dije kuitaet ar c’houlzad trevadennin hag omp sur ez eo heñvel evitoc’h. Ha kement-mañ peogwir emaomp o c’hortoz c’hoazh an doareoù a servijo evit lakaat da wir ur strollegezh unvan e Breizh gant barregezhioù lezenniñ a dostaafe pobl Vreizh eus he dilennidi.

Abalamour d’an traoù-se e c’hortozomp diganeoc’h , peogwir oc’h kannad ar pastell vro, tomm e galon eus mennozh Breizh Unvan, e kemerfec’h ar gaoz diwar-benn ar rummad ofisourien « De Castelnau » e anv ar re a nac’h mennozhioù estrengas ha kilstourmel an amzer gent.
Ho pediñ a reomp, Aotroù Kannad, da zegemer hor gwellañ sonjoù.

E anv Breizhistance -IS, J.Guillaume.

Forum contre les Grands Projets Inutiles à NDL, le gouvernement revient sur les projets de LGV

Breizhistance, avec la coordination des opposants au Projet d’Aéroport à Notre-Dame-des-Landes, se félicite du succès du 2ème Forum Européen contre les Grands Projets Inutiles Imposés qui s’est tenu à La Paquelais-Vigneux de Bretagne (44), auquel nous avons activement participé.

2012-07-08_12.04.16_Forum_GPII_A-Bocquel_9737

Plus de 8000 personnes ont participé aux 5 jours d’ateliers, d’échanges et de conférences et à la fresque humaine contre les grands projets inutiles. Ce forum, où se sont retrouvés opposants aux grands projets nuisibles et ruineux de toute l’Europe, aura donc précédé la déclaration du gouvernement sur l’abandon de 11 projets de lignes LGV dans l’Etat français. Il semble que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, fasse à la crise économique, ait dénié tendre l’oreille à ce que disaient les opposants depuis plusieurs années «les lignes LGV sont des projets ruineux qui ne servent que d’une petite partie de la population». En effet, l’Etat français et ses collectivités avait jusqu’à présent prévu de construire 2000 km de LGV pour un coût de … 190 Mds d’euros en argent public !

Malheureusement, il ne semble pas que l’ancien maire de Nantes soit prêt à revenir sur « son » projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (ni sur la ligne LGV Le Mans-Rennes), alors que ce forum aura pourtant permit de mettre en avant ce point commun, le gaspillage économique, existant entre ces multiples projets de grandes infrastructures sur notre continent.

Cependant la lutte continue, comme nous la montrée ce forum. La qualité des interventions et le travail remarquable des interprètes et de l’équipe d’organisation ont concouru à faire de celui-ci un moment extrêmement fort, qui fera date dans la convergence des luttes en Europe. Comme l’ensemble des participants, nous repartons motivés et déterminés, fort d’une déclaration commune à l’ensemble des opposants aux Grands Projets Inutiles et Imposés d’Europe.

Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour le Forum Social Européen de Florence du 8 au 11 novembre 2012, une journée d’actions décentralisées et coordonnées le 8 décembre 2012 (3ème journée européenne contre les Grands Projets Inutiles et Imposés), le Forum Social Mondial de Tunis en mars 2013 et le 3ème Forum contre les GPII à Stuttgart à l’été 2013.

Après l’échec de inefficace sommet de Rio +  20, le combat pour la solidarités internationale contre les projets du capitalisme destructeurs pour la planète est bien présent en Bretagne et passe notamment par Notre-Dame-des-Landes !

Pour Breizhistance, Jonathan Guillaume.